Mieux gérer vos médicaments : 5 nouvelles astuces

Par Johanna Trimble et Janet Currie

 La déprescription signifie cesser un médicament ou en réduire la dose lorsqu’il n’a plus d’effet bénéfique ou qu’il peut être nuisible. Le but de la déprescription est de maintenir ou améliorer la qualité de vie. Consultez toujours votre médecin avant d'arrêter, modifier ou commencer un médicament.

1. Demandez une révision de vos médicaments. Demandez à votre médecin ou à votre pharmacien de réviser tous vos médicaments, surtout si vous en prenez plusieurs ou s'ils ont été prescrits par différents médecins. En d'autres mots, cela veut dire revoir votre liste de médicaments pour vous assurer qu'ils sont toujours nécessaires et ne sont pas à risque de causer des problèmes en vieillissant. Assurez-vous d'inclure les médicaments de vente libre (non-prescrits) et ceux prescrits par des spécialistes. Votre médecin pourrait vous donner un rendez-vous plus long que les 10 minutes habituelles pour ce genre de consultation. C'est à vous de demander une révision de vos médicaments : ne présumez pas que cela sera fait annuellement. N'oubliez pas de demander à votre médecin s'il est possible d'arrêter ou réduire la dose de certains médicaments suite à la révision de votre liste.

2. En foyer de soins de longue durée, soyez vigilant et réagissez rapidement en cas de problème lié aux médicaments. Assurez-vous d'obtenir rapidement des réponses lorsque vous avez des inquiétudes concernant vos médicaments ou ceux d'un membre de votre famille résidant dans un foyer de soins de longue durée. Les patients peuvent voir leur santé et leur mobilité se détériorer rapidement s'ils se trouvent alités à cause d'une interaction médicamenteuse. Un délire (un état réversible de désorientation, d'agitation ou de somnolence) ou un comportement inhabituel peuvent être causés par des médicaments et confondus avec une maladie chronique grave telle que la démence. Alertez les membres de votre famille et préparez-vous à consulter les membres de la direction de la résidence si vous avez des inquiétudes sérieuses ou si vous n'obtenez pas de réponse satisfaisante à vos questions. Si vous éprouvez de l'anxiété à l'idée de partager vos inquiétudes au sujet des médicaments, prenez rendez-vous avec le personnel soignant et demandez à un membre de votre famille de vous y accompagner.

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3. Évitez les médicaments anticholinergiques. Les aînés reçoivent souvent des ordonnances de médicaments anticholinergiques (médicaments qui affectent l'action de l'acétylcholine, un neurotransmetteur) pour des affections courantes telles que la vessie hyperactive, les allergies, les problèmes gastro-intestinaux, la maladie de Parkinson et la dépression. Les aînés sont très sensibles aux effets néfastes des médicaments anticholinergiques. Ces médicaments peuvent avoir un impact négatif sur le cerveau en provoquant le délire, la confusion et des problèmes de mémoire ainsi que des effets physiques tels que la bouche sèche, la constipation et la vision brouillée. Des recherches actuelles explorent le lien entre ces médicaments et le développement de la démence. Bien que ce lien soit toujours à l'étude, les personnes âgées devraient éviter ces médicaments lorsque c'est possible ou demander une thérapie alternative plus sécuritaire.

4. Posez des questions et soyez vigilant. Lorsque votre médecin vous suggère de débuter un nouveau médicament, vous avez le droit de demander à quoi sert le médicament, quels sont ses bénéfices et les risques d'effets nuisibles. Le médicament est-il prescrit en prévention d'une autre condition? Quelle est la probabilité que vous tombiez malade si vous ne le prenez pas? Les effets nuisibles du médicaments dépassent-ils les bénéfices? Il ne vaut peut-être pas la peine de subir les effets secondaires d'un médicament pour réduire de peu les risques d'une maladie future. 

5. Demandez si la déprescription est appropriée pour vous. Si un médicament vous dérange, demandez à votre médecin ou à votre pharmacien s'il est possible de l'arrêter temporairement ou de réduire la dose du médicament en surveillant attentivement les résultats. S'il ne s'agit pas d'un médicament essentiel pour votre santé, il est raisonnable d'évaluer s'il n'est pas la cause d'effets nuisibles. Trouvez plus d'informations ici.

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Consultez la première partie de cet article - Mieux gérer vos médicaments : 9 conseils utiles


Johanna Trimble est une défenseure des droits des patients et membre du BC Patient Voices Network. Elle est membre du sous-comité de soins gériatriques et de soins palliatifs du Council on Health Promotion for Doctors of BC. À titre de conférencière, elle enseigne à des étudiants en médecine de première année à l’University of British-Columbia au sujet de la gériatrie communautaire ainsi qu'à des étudiants en pharmacie, sur les problèmes liés à la médication dans les établissements de soins de longue durée. Johanna est membre active du comité de sensibilisation du public du Réseau canadien pour la déprescription.

Janet Currie est une travailleuse sociale impliquée dans la sécurité des médicaments et des patients depuis plus de 17 ans. Elle est particulièrement préoccupée par la sécurité et l'efficacité des médicaments en psychiatrie et leurs répercussions sur les aînés. Elle est ancienne coprésidente du Réseau canadien pour la santé des femmes et membre du Comité consultatif d'experts sur la vigilance des produits de santé de Santé Canada. Elle possède et gère un site Web sur la sécurité des médicaments psychiatriques et a souvent témoigné devant le Sénat canadien et le Comité permanent de la santé sur la surveillance des médicaments d’ordonnance et les effets nuisibles des médicaments. Elle termine un doctorat sur la sécurité des médicaments et l’usage des médicaments à des fins autres que celles approuvées par Santé Canada, à l’University of British-Columbia. Janet est membre exécutive et présidente du comité de sensibilisation du public du Réseau canadien pour la déprescription.

 

5 (More) Quick Safety Tips To Manage Your Medications

By Johanna Trimble and Janet Currie

Deprescribing means reducing or stopping medications that may not be beneficial or may be causing harm. The goal of deprescribing is to maintain or improve quality of life. Always consult your doctor before stopping, changing or starting a drug.

1. Ask for a medication review. Ask your doctor or pharmacist to review all your medications, especially if you are taking several or if different doctors prescribed them. This means reviewing your complete medication list to make sure all are needed and not causing problems as you grow older. List drugs prescribed by specialists and over the counter drugs too. Often, doctors are able to give you an appointment that is longer than the usual 10 minutes to have a consultation about your medications. It is up to you to ask for a review of your medication: don’t assume that your drugs will be reviewed on an annual basis. Remember to ask your doctor if you can either stop taking some medications or lower the doses of others as a result of the medication review.  

2. Medication issues in nursing home settings need to be addressed quickly. In a nursing home setting, get answers quickly if you have concerns about your medications or a family member’s. Patients can lose function and mobility if bedridden from a drug interaction. Delirium (a reversible state of disorientation, agitation or drowsiness) or unusual behaviour can be caused by medications and it may be mistaken for a serious chronic illness such as dementia. Alert your family members and be prepared to go, with your family, to management, if you have serious concerns or can’t get an answer. If you feel anxious bringing up medication issues, ask a family member to make an appointment with nursing home staff and have them accompany you.

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3. Avoid anticholinergic drugs. Older adults are often prescribed anticholinergic medications (medicines that affect acetylcholine, a neurotransmitter) for common conditions such as overactive bladder, allergies, gastrointestinal problems, Parkinson’s and depression. Seniors are highly sensitive to the harmful effects of anticholinergic drugs. These drugs can have a negative impact on the brain by causing delirium, confusion and memory problems as well as physical effects such as dry mouth, constipation and blurred vision. Recent research is exploring whether these drugs have a role in dementia. While this link is still being explored, seniors should avoid these drugs whenever possible or ask for a safer alternative.

4. Ask questions and be wary. When your doctor suggests a new drug, you have the right to ask what the drug is for, what its benefits are and the risks of harm. Is the drug being prescribed for prevention? How likely is it that you would become ill in the future if you didn’t take it? Could the side effects outweigh any benefit the drug may have? It may not be worthwhile feeling unwell every day because of a drug to gain a small chance of having a little less risk of future illness.

5. Ask if deprescribing is appropriate for you. If a drug is bothering you, ask your doctor or pharmacist about the possibility of a “drug holiday” or a trial of stopping or tapering the drug and carefully monitoring the results. It is reasonable to see if a drug is causing problems if it is not a life-saving drug. You may find more information here.

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See part one of this two part series: 9 Quick Safety Tips to Manage Your Medications


Johanna Trimble is a patient safety advocate and member of the BC Patient Voices Network. She is a member of the Geriatrics and Palliative Care Subcommittee of the Council on Health Promotion for Doctors of BC. As an honourary lecturer, she co-teaches first-year medical students at UBC in Community Geriatrics as well as pharmacy students on medication issues in Long Term Care. Johanna is an active member of the Patient Awareness Committee of the Canadian Deprescribing Network.

Janet Currie is a social worker who has been involved with patient and medication safety issues for over 17 years. She is particularly concerned about the safety and efficacy of psychiatric drugs and their impacts on seniors. She is a member of the core Executive of the Canadian Deprescribing Network, the past co-chair of the Canadian Women’s Health Network and was a two-term member of Health Canada’s Expert Advisory Committee on the Vigilance of Health Products. She owns and manages a website on psychiatric drug safety and has frequently testified to the Canadian Senate and the Parliamentary Standing Committee on Health on prescription drug surveillance and adverse drug effects.  She is completing a Ph.D. on medication safety and off-label prescribing at UBC. Janet is Chair of the Patient Awareness Committee of the Canadian Deprescribing Network.

 

Mieux gérer vos médicaments : 9 conseils utiles

Par Johanna Trimble et Janet Currie


Consultez toujours votre médecin avant d'arrêter, modifier ou commencer un médicament.

1. Faites le suivi de vos médicaments. C'est à vous ou à vos proches de faire le suivi des médicaments que vous prenez. Il est peu probable que tous les professionnels de la santé que vous consultez aient accès à votre liste de médicaments en ligne! Les différents dossiers médicaux électroniques ne communiquent pas tous entre eux.

2. Gardez une liste. Pour votre sécurité, portez toujours une liste de médicaments MISE À JOUR sur vous et gardez une autre copie aimantée à votre réfrigérateur. Assurez-vous d'y inclure les médicaments en vente libre ainsi que ceux prescrits par des spécialistes.

3.  Faites affaire avec une seule pharmacie. Essayez de remplir vos ordonnances dans une seule pharmacie afin de faciliter l’évaluation des interactions médicamenteuses. La liste de vos médicaments fournie par une pharmacie montrera seulement ce que cette même pharmacie vous a servi.

4. Ne commencez pas un nouveau médicament quand vous êtes seul. C’est un phénomène rare, mais si vous avez une réaction allergique grave, vous aurez besoin d'aide médicale immédiate. Ne prenez jamais un médicament d'ordonnance destiné à quelqu'un d'autre.

5. Vérifiez votre ordonnance. Lorsque vous recevez vos médicaments à la pharmacie, vérifiez toujours votre nom et le nom du médicament sur la bouteille. Il est arrivé que des gens qui portaient le même nom aient reçu l’ordonnance d’un autre individu.

6. Soyez conscient des effets secondaires. Si vous remarquez un symptôme après avoir pris un nouveau médicament, ne supposez pas qu'il s'agit d'une « nouvelle condition médicale » ou que cela est causé par « l’âge ». Dites-le immédiatement à votre médecin ou à votre pharmacien. Ce pourrait être le signe d’un effet secondaire d’un médicament ou le résultat d’une interaction avec un autre médicament que vous prenez déjà.

7. Faites attention aux cascades médicamenteuses. Parfois, de nouveaux médicaments peuvent être prescrits pour traiter les effets secondaires causés par un médicament que vous prenez déjà. C'est ce qu'on appelle les « cascades médicamenteuses ». Un exemple courant est lorsqu’on prescrit un médicament pour traiter des maux d'estomac causés par un autre médicament. Demandez à votre médecin de considérer si ces nouveaux symptômes pourraient être causés par des médicaments et si vous devriez envisager d'arrêter de prendre un médicament ou de réduire la dose. Cesser ou réduire la dose d’un médicament en collaboration avec un professionnel de la santé s’appelle la déprescription.

8. Être à l'affût des changements. Dites à votre médecin comment les nouveaux médicaments vous affectent et si vous avez noté un changement, pour le meilleur ou pour le pire. Les médecins comptent sur vous pour mentionner les changements que vous observez. Si vous VOYEZ quelque chose (ou ressentez quelque chose), DITES-LE (comme à l'aéroport!). Partager ses inquiétudes concernant les effets nuisibles d'un médicament est essentiel.

9. Les aînés sont plus sensibles aux médicaments. En raison des changements au niveau du fonctionnement des reins et du foie, les aînés deviennent plus sensibles aux médicaments en vieillissant. Dans de nombreux cas, les médicaments devraient être prescrits à de plus faibles doses chez les aînés. Plus on prend de médicaments, plus les risques d'interactions médicamenteuses sont élevés. Les médicaments couramment prescrits aux aînés peuvent causer des étourdissements et une perte d'équilibre, entraîner des chutes, des fractures et même des hospitalisations, ainsi qu’avoir un impact négatif sur la cognition et la mémoire. Les effets nuisibles des médicaments peuvent survenir même si vous les prenez depuis longtemps. Votre médecin compte sur vous pour signaler ces problèmes. Pour des pistes sur comment commencer la discussion à propos de la possibilité de déprescrire certains médicaments, consultez: https://www.deprescribingnetwork.ca/debuter-une-conversation

Pour en savoir plus sur la saine gestion des médicaments, visitez ce site web : https://www.deprescribingnetwork.ca/fra


Johanna Trimble est une défenseure des droits des patients et membre du BC Patient Voices Network. Elle est membre du sous-comité de soins gériatriques et de soins palliatifs du Council on Health Promotion for Doctors of BC. À titre de conférencière, elle enseigne à des étudiants en médecine de première année à l’University of British-Columbia au sujet de la gériatrie communautaire ainsi qu'à des étudiants en pharmacie, sur les problèmes liés à la médication dans les établissements de soins de longue durée. Johanna est membre active du comité de sensibilisation du public du Réseau canadien pour la déprescription.

Janet Currie est une travailleuse sociale impliquée dans la sécurité des médicaments et des patients depuis plus de 17 ans. Elle est particulièrement préoccupée par la sécurité et l'efficacité des médicaments en psychiatrie et leurs répercussions sur les aînés. Elle est ancienne coprésidente du Réseau canadien pour la santé des femmes et membre du Comité consultatif d'experts sur la vigilance des produits de santé de Santé Canada. Elle possède et gère un site Web sur la sécurité des médicaments psychiatriques et a souvent témoigné devant le Sénat canadien et le Comité permanent de la santé sur la surveillance des médicaments d’ordonnance et les effets nuisibles des médicaments. Elle termine un doctorat sur la sécurité des médicaments et l’usage des médicaments à des fins autres que celles approuvées par Santé Canada, à l’University of British-Columbia. Janet est membre exécutive et présidente du comité de sensibilisation du public du Réseau canadien pour la déprescription.

9 Quick Safety Tips to Manage Your Medications

By Johanna Trimble and Janet Currie

Always consult your doctor before stopping, changing or starting a drug.

1.         Track your meds. It’s up to you or your family to keep track of the drugs you are taking. Your medication list is unlikely to be available to all health professionals online! Electronic medical records systems often don’t “talk” to one another.

2.         Keep a list. For your safety, carry your own UPDATED list and keep one on your fridge. Make sure to include over-the-counter (OTC) drugs. Make sure drugs prescribed by specialists that you see are listed.

3.         Stick to one pharmacy. Try to fill prescriptions from one pharmacy so drug interactions are easily checked. Any pharmacy’s list will only show what their pharmacy has dispensed to you and won’t include everything you take.

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4.         Don’t start a new drug when you’re alone. It’s rare, but if you have a severe allergic reaction you’ll need immediate help. Never take a prescription drug that was prescribed to someone else.

5.         Check your prescription. When you pick up your prescription order, check both your name and the drug name on the bottle. At times, people who have the same name have received the other person’s drug.

6.         Be aware of side effects and adverse effects. If you have a new symptom after taking a new drug, don’t assume it’s a “new condition” or “old age”. Tell your doctor or pharmacist right away. It could be adverse effects from the drug itself or an interaction with another drug you already take.

7.         Beware of the prescription cascade. Sometimes new drugs might be prescribed to deal with symptoms caused by a drug you are already taking. This is called the “prescription cascade” – a common example is being prescribed a new drug for stomach upset, which may be caused by a drug you are already taking. Ask your doctor to consider whether new symptoms could be the result of the drugs and whether you should consider stopping a medication or reducing the dose, also known as deprescribing.

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8.         Look out for changes. Tell your doctor how new drugs affect you and whether there’s been a change for better or worse. Doctors may be depending on you to report and may not be actively monitoring the effects. If you SEE something (or feel something), SAY something (just like at the airport!). You do not have to be “right” in order to bring forward concerns about adverse reactions from a drug.

9.         Seniors are more sensitive to medications. Older people are more sensitive to medications because of changes in their liver and kidney function as they age. In many cases, drugs for seniors should be prescribed at a reduced dose. The more medications used, the greater the chance of drug interactions.  Drugs commonly prescribed to older adults can cause dizziness and loss of balance, leading to falls or factures and hospitalization, as well as cognitive and memory problems. Adverse drug reactions can start even if you have been taking a drug for a long time. Your doctor depends on you to raise issues of concern and to begin to talk about deprescribing some drugs: www.deprescribingnetwork.ca/starting-a-conversation

Read part 2 of this series here: Sometimes the Best Medication is Less Medication: 8 Tips on Deprescribing


Johanna Trimble is a patient safety advocate and member of the BC Patient Voices Network. She is a member of the Geriatrics and Palliative Care Subcommittee of the Council on Health Promotion for Doctors of BC. As an honourary lecturer, she co-teaches first-year medical students at UBC in Community Geriatrics as well as pharmacy students on medication issues in Long Term Care. Johanna is an active member of the Patient Awareness Committee of the Canadian Deprescribing Network.

Janet Currie is a social worker who has been involved with patient and medication safety issues for over 17 years. She is particularly concerned about the safety and efficacy of psychiatric drugs and their impacts on seniors. She is a member of the core Executive of the Canadian Deprescribing Network, the past co-chair of the Canadian Women’s Health Network and was a two-term member of Health Canada’s Expert Advisory Committee on the Vigilance of Health Products. She owns and manages a website on psychiatric drug safety and has frequently testified to the Canadian Senate and the Parliamentary Standing Committee on Health on prescription drug surveillance and adverse drug effects.  She is completing a Ph.D. on medication safety and off-label prescribing at UBC. Janet is Chair of the Patient Awareness Committee of the Canadian Deprescribing Network.

 

Ces pilules qui vous font perdre l’équilibre : ce que vous devriez savoir à propos des médicaments et des chutes

Par Dre Cara Tannenbaum, gériatre et directrice, Réseau canadien pour la déprescription

Un soir, alors que je travaillais à l’urgence, une septuagénaire est admise avec une hanche cassée. Je la questionne sur ce qui lui était arrivé : elle m’explique qu’elle avait perdu l’équilibre en allant aux toilettes au courant de la nuit, et était tombée au sol.

“Je suis bête,” m’a-t-elle dit. “J’aurais dû être plus prudente. Je vais maintenant devoir me faire opérer. Est-ce que je devrai annuler mon voyage en Floride prévu cet hiver?” J’ai eu le coeur serré. En tant que spécialiste des chutes et de l’équilibre, je suis au fait des statistiques alarmantes sur les aînés et les chutes – pour cette dame, son voyage en Floride aurait dû être le dernier des soucis…

Les médicaments peuvent causer des chutes

Je lui ai dit : “Vous n’êtes pas bête d’être tombée. Jetons un coup d’œil à ce qui a pu contribuer à vous faire tomber. J’aimerais qu’on révise ensemble vos médicaments, pour vérifier que votre chute n’a pas été causée par un effet secondaire.”

J’ai découvert qu’un somnifère lui avait été prescrit récemment. Je lui ai expliqué que ce médicament endort les neurones du cerveau, ce qui diminue la vigilance, ralenti le temps de réaction et mène à des chutes, des fractures et même à des accidents de voiture. “Personne ne m’avait dit que les somnifères pouvaient causer des chutes. Avoir su, je ne les aurais pas pris,” m’a-t-elle répondu.

Des conversations comme celles-ci m’ont mené à devenir spécialiste de l’usage sécuritaire et approprié des médicaments, et à devenir fière porte-parole de la déprescription.

Prévenir les chutes

Les risques associés aux médicaments peuvent être sous-évalués par un médecin trop occupé; par exemple, l’effet néfaste des somnifères sur la concentration et l’équilibre. C’est pourquoi les patients doivent être informés au sujet de leurs médicaments – et garder en tête les effets secondaires possibles.

Novembre est le mois de la prévention des chutes . Voici quelques médicaments à reconnaître si les chutes vous inquiètent*:

  • Les médicaments pouvant causer des étourdissements et de la somnolence. Ceci inclut les somnifères , les antipsychotiques, les antidépresseurs et les opioïdes.
  • Les médicaments qui diminuent le taux de sucre dans le sang tel que les médicaments pour le diabète de type 2  comme le glyburide (Diabeta®) et l’insuline.
  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène (Advil®), le diclofénac (Voltaren®) et le naproxène (Naprosyn®, Aleve®).
  • Les médicaments qui peuvent causer une chute soudaine de la pression artérielle, par exemple les diurétiques comme le furosémide (Lasix®) ou les médicaments pour la prostate comme la tamsulosine (Flomax®).

*Prendre trois médicaments ou plus peut aussi augmenter les risques de chutes.

La bonne nouvelle

Maintenant, la bonne nouvelle : en restant bien informé, il est facile de prévenir les chutes causées par les effets secondaires des médicaments. La solution est de réduire, arrêter ou remplacer le médicament à risque de façon sécuritaire, TOUJOURS sous la supervision d’un médecin ou d’un pharmacien.

Parlez avec votre médecin ou votre pharmacien. Demandez-lui de réviser vos médicaments chaque année, pour vérifier si ceux-ci peuvent augmenter votre risque de chute.

Quelques questions à demander à votre médecin ou pharmacien au sujet de vos médicaments:

1. Pourquoi est-ce que je prends ce médicament?

2. Quels sont les bénéfices et les risques potentiels de ce médicament?

3. Est-ce que ça peut affecter ma mémoire ou me faire chuter?

4. Est-ce que je peux arrêter ce médicament ou en réduire la dose?

5. Avec qui dois-je faire le suivi et quand?

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Si vous avez déjà perdu l’équilibre ou êtes tombé, ou si cela vous inquiète, parlez avec votre médecin, votre infirmière ou votre pharmacien.  Plusieurs facteurs peuvent augmenter les risques de chutes – et la majorité sont réversibles. Ne laissez pas la peur de tomber vous limiter dans vos activités! L’inactivité augmente encore plus le risque de chute.

Pour de plus amples informations sur la saine gestion des médicaments ou sur la déprescription, veuillez consulter le site web : https://www.deprescribingnetwork.ca/fra/.

 

 

Hips don’t lie: what you should know about medications and falls

By Dr. Cara Tannenbaum, Geriatrician and Director, Canadian Deprescribing Network

One night while working in the emergency room, a woman in her 70s was brought in with a broken hip. When I asked her what happened, she told me that she lost her balance going to the bathroom in the middle of the night and fell on the floor.

“I’m so stupid,” she said. “I should have been more careful. Will I have to cancel my trip to Florida this winter because I need surgery for my broken hip?” My heart sank. As a falls and balance expert, I know the shocking statistics around falls and seniors – and going to Florida should have been the least of her concerns…

Medications can cause falls

I told her, “You’re not stupid for falling. Let’s take a closer look at what might have contributed to your fall. I want to review your medications to make sure your fall was not caused by the side effects of one of your pills.”

I discovered that she had recently been prescribed sleeping pills to treat her insomnia. I explained to her that sleeping pills put your brain to sleep, which reduces alertness and slows reaction time, leading to falls, fractures and even car accidents. “No one told me my sleeping pills could cause me to fall,” she told me. “Had I known, I wouldn’t have taken them at all.”

Conversations like these are what drive me to be a passionate medication safety specialist and deprescribing advocate. 

Preventing falls

Busy doctors may miss medication-related risks, especially subtle effects such as the way sleeping pills affect concentration and balance. That’s why patients need to be aware and informed about their medications – and keep on top of potential side effects.

November is falls prevention month. Here are some medication classes to be wary of if you are worried about falls*:

  • Medications that cause dizziness and drowsiness. These include sleeping pills, antipsychotics, antidepressants and opioids.
  • Medications that lower blood sugar, such as type-2 diabetes medications like glyburide (Diabeta®) and insulin.
  • Non-steroidal anti-inflammatory drugs, such as ibuprofen (Advil®), diclofenac (Voltaren®) and naproxen (Naprosyn®, Aleve®).
  • Medication that can cause a sudden drop in blood pressure, such as diuretics like furosemide (Lasix®) or prostate medications such as tamsulosin (Flomax ®).

*Taking 3 or more medications can also increase the risk of falls.

The good news

The good news is that it’s very easy to prevent falls caused by medication side effects if we’re well informed. The solution is to safely reduce, stop or switch medications, ALWAYS under the supervision of a doctor or pharmacist.

Speak with your doctor or pharmacist, and ask them to review your medications every year to see if any are increasing your risk of falls.

Some questions to ask your doctor or pharmacist about your medications:

1. Why am I taking this medication?

2. What are the potential benefits and harms of this medication?

3. Can it affect my memory or cause me to fall? 

4. Can I stop or reduce the dose of this medication? 

5. Who do I follow up with and when?

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If you have ever tripped or fell, or are worried about losing your balance, speak with your doctor, nurse or pharmacist. Many factors can increase fall risk, and the majority of these factors are reversible. Don’t let the fear of falling prevent you from being active! Inactivity further increases the risk of falls.

For more information on medication safety and deprescribing, see this website: https://www.deprescribingnetwork.ca/

 

Bert’s Story

Bert’s Story

In 2003, then-53-year-old Bert Mitchell was in a car accident that nearly took his life. He came to in “excruciating” pain and his doctors put him on powerful opioid medication. More than a decade and several attempts later, he finally weaned off opioids. Now he uses alternative therapies to manage the pain—and has his life back.

L’histoire de Bert

L’histoire de Bert

Après que Bert Mitchell, 53 ans, ait été gravement blessé dans un accident de voiture en 2003, il s’est retrouvé avec une douleur extrême. Ses médecins lui ont prescrit de puissants opioïdes. Plus qu’une dizaine d’années et plusieurs tentatives plus tard, il s’est enfin sevré des opioïdes. Aujourd’hui, pour traiter sa douleur, il a recours aux thérapies alternatives.

Est-ce normal d’oublier où vous avez stationné votre voiture? Seulement si vous pouvez la retrouver.

Est-ce normal d’oublier où vous avez stationné votre voiture? Seulement si vous pouvez la retrouver.

One afternoon, Anita forgot where she had parked her car at the local mall. Security had to call the police to try to find her car and get her home. “I knew something was seriously wrong and that it was beyond what we call ‘a senior’s moment’,” explains Richard.

Worried that she may be having a depressive episode or worse, Alzheimer’s disease, he booked Anita an appointment with their family physician, Dr. Yu.

Is it normal to forget where you parked your car? Only if you can find it.

Is it normal to forget where you parked your car? Only if you can find it.

One afternoon, Anita forgot where she had parked her car at the local mall. Security had to call the police to try to find her car and get her home. “I knew something was seriously wrong and that it was beyond what we call ‘a senior’s moment’,” explains Richard.

Worried that she may be having a depressive episode or worse, Alzheimer’s disease, he booked Anita an appointment with their family physician, Dr. Yu.

Est-ce que votre mère prend des médicaments?

Est-ce que votre mère prend des médicaments?

Notre mère était heureuse vivant de manière indépendante dans son appartement et impliquée dans sa communauté. Mais en 2003, à l’âge de 86 ans, elle fut admise au Health Centre. Le jour précédant elle avait demandé à sa fille de la mener à l’urgence : « J’étais faible et étourdie et je savais que je ne pouvais pas rester debout sans m’évanouir ».

Est-ce que votre grand-maman prend des médicaments dangereux?

Est-ce que votre grand-maman prend des médicaments dangereux?

Ma grand-maman souffrait de douleur chronique causée par l’arthrite, d’anxiété et d’insomnie. En plus de ses médicaments pour éclaircir son sang, pour son cholestérol et ses autres médicaments, son médecin lui a prescrit Ativan (une benzodiazépine) comme somnifère et médicament contre l’anxiété, et OxyContin (un opioïde), lequel est à l’origine de l’actuelle crise des opioïdes. 

Is your grandma on dangerous meds?

Is your grandma on dangerous meds?

At the time, family members were unaware that these medications carried severe risks, especially for seniors. The doctor seemed to think, “who cares, she’s 91, let her have her pills” and there were no other alternatives provided for my grandma. No one knew what to do.