Mieux gérer vos médicaments : 5 nouvelles astuces

Par Johanna Trimble et Janet Currie

 La déprescription signifie cesser un médicament ou en réduire la dose lorsqu’il n’a plus d’effet bénéfique ou qu’il peut être nuisible. Le but de la déprescription est de maintenir ou améliorer la qualité de vie. Consultez toujours votre médecin avant d'arrêter, modifier ou commencer un médicament.

1. Demandez une révision de vos médicaments. Demandez à votre médecin ou à votre pharmacien de réviser tous vos médicaments, surtout si vous en prenez plusieurs ou s'ils ont été prescrits par différents médecins. En d'autres mots, cela veut dire revoir votre liste de médicaments pour vous assurer qu'ils sont toujours nécessaires et ne sont pas à risque de causer des problèmes en vieillissant. Assurez-vous d'inclure les médicaments de vente libre (non-prescrits) et ceux prescrits par des spécialistes. Votre médecin pourrait vous donner un rendez-vous plus long que les 10 minutes habituelles pour ce genre de consultation. C'est à vous de demander une révision de vos médicaments : ne présumez pas que cela sera fait annuellement. N'oubliez pas de demander à votre médecin s'il est possible d'arrêter ou réduire la dose de certains médicaments suite à la révision de votre liste.

2. En foyer de soins de longue durée, soyez vigilant et réagissez rapidement en cas de problème lié aux médicaments. Assurez-vous d'obtenir rapidement des réponses lorsque vous avez des inquiétudes concernant vos médicaments ou ceux d'un membre de votre famille résidant dans un foyer de soins de longue durée. Les patients peuvent voir leur santé et leur mobilité se détériorer rapidement s'ils se trouvent alités à cause d'une interaction médicamenteuse. Un délire (un état réversible de désorientation, d'agitation ou de somnolence) ou un comportement inhabituel peuvent être causés par des médicaments et confondus avec une maladie chronique grave telle que la démence. Alertez les membres de votre famille et préparez-vous à consulter les membres de la direction de la résidence si vous avez des inquiétudes sérieuses ou si vous n'obtenez pas de réponse satisfaisante à vos questions. Si vous éprouvez de l'anxiété à l'idée de partager vos inquiétudes au sujet des médicaments, prenez rendez-vous avec le personnel soignant et demandez à un membre de votre famille de vous y accompagner.

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3. Évitez les médicaments anticholinergiques. Les aînés reçoivent souvent des ordonnances de médicaments anticholinergiques (médicaments qui affectent l'action de l'acétylcholine, un neurotransmetteur) pour des affections courantes telles que la vessie hyperactive, les allergies, les problèmes gastro-intestinaux, la maladie de Parkinson et la dépression. Les aînés sont très sensibles aux effets néfastes des médicaments anticholinergiques. Ces médicaments peuvent avoir un impact négatif sur le cerveau en provoquant le délire, la confusion et des problèmes de mémoire ainsi que des effets physiques tels que la bouche sèche, la constipation et la vision brouillée. Des recherches actuelles explorent le lien entre ces médicaments et le développement de la démence. Bien que ce lien soit toujours à l'étude, les personnes âgées devraient éviter ces médicaments lorsque c'est possible ou demander une thérapie alternative plus sécuritaire.

4. Posez des questions et soyez vigilant. Lorsque votre médecin vous suggère de débuter un nouveau médicament, vous avez le droit de demander à quoi sert le médicament, quels sont ses bénéfices et les risques d'effets nuisibles. Le médicament est-il prescrit en prévention d'une autre condition? Quelle est la probabilité que vous tombiez malade si vous ne le prenez pas? Les effets nuisibles du médicaments dépassent-ils les bénéfices? Il ne vaut peut-être pas la peine de subir les effets secondaires d'un médicament pour réduire de peu les risques d'une maladie future. 

5. Demandez si la déprescription est appropriée pour vous. Si un médicament vous dérange, demandez à votre médecin ou à votre pharmacien s'il est possible de l'arrêter temporairement ou de réduire la dose du médicament en surveillant attentivement les résultats. S'il ne s'agit pas d'un médicament essentiel pour votre santé, il est raisonnable d'évaluer s'il n'est pas la cause d'effets nuisibles. Trouvez plus d'informations ici.

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Consultez la première partie de cet article - Mieux gérer vos médicaments : 9 conseils utiles


Johanna Trimble est une défenseure des droits des patients et membre du BC Patient Voices Network. Elle est membre du sous-comité de soins gériatriques et de soins palliatifs du Council on Health Promotion for Doctors of BC. À titre de conférencière, elle enseigne à des étudiants en médecine de première année à l’University of British-Columbia au sujet de la gériatrie communautaire ainsi qu'à des étudiants en pharmacie, sur les problèmes liés à la médication dans les établissements de soins de longue durée. Johanna est membre active du comité de sensibilisation du public du Réseau canadien pour la déprescription.

Janet Currie est une travailleuse sociale impliquée dans la sécurité des médicaments et des patients depuis plus de 17 ans. Elle est particulièrement préoccupée par la sécurité et l'efficacité des médicaments en psychiatrie et leurs répercussions sur les aînés. Elle est ancienne coprésidente du Réseau canadien pour la santé des femmes et membre du Comité consultatif d'experts sur la vigilance des produits de santé de Santé Canada. Elle possède et gère un site Web sur la sécurité des médicaments psychiatriques et a souvent témoigné devant le Sénat canadien et le Comité permanent de la santé sur la surveillance des médicaments d’ordonnance et les effets nuisibles des médicaments. Elle termine un doctorat sur la sécurité des médicaments et l’usage des médicaments à des fins autres que celles approuvées par Santé Canada, à l’University of British-Columbia. Janet est membre exécutive et présidente du comité de sensibilisation du public du Réseau canadien pour la déprescription.